Opercules

Idée et brouillon: Barbara Winter, SCNAT

Graphisme:  www.stichpunkt.ch

 

L’a-bisabolol est la principale substance active de l’huile essentielle de la camomille (photo). Il exerce non seulement une action anti-inflammatoire, antispasmodique et antimicrobienne, mais il accélère aussi la cicatrisation. Grâce à toutes ces propriétés, la camomille est un remède naturel polyvalent et éprouvé.

Le camphre se trouve principalement dans les huiles essentielles de lauracées (laurier, photo), composées et labiées. Il a une odeur semblable à celle de l’eucalyptus et un goût épicé et amer, mais aussi légèrement rafraichissant, comme le menthol. Le camphre a des utilisations thérapeutiques ; toutefois, il est psychoactif et toxique en cas de dosage abusif.

La caféine (ou théine) est un alcaloïde des grains de café (photo), du théier et de plus de soixante autres plantes (p.ex. la noix de cola, ou l’arbre à maté).Elle a un effet excitant sur le système nerveux central. Correctement dosée, elle stimule la sécrétion d’adrénaline et accroît ainsi l’activité cardiaque. La caféine fait partie des drogues psychoactives du groupe des stimulants et est la substance à action pharmacologique la plus fréquemment consommée dans le monde. Dans les plantes, la caféine agit comme insecticide naturel qui anesthésie ou même tue certains insectes.

Le géraniol est présent notamment dans la coriandre, le laurier et la muscade. Mais c’est l’huile de palmarosa – l’huile de géranium et de rose – qui en contient les plus grandes quantités. En raison de son odeur de fleurs, proche de celle de la rose, le géraniol est un composant de nombreux parfums.

Le lactose est un sucre du groupe des disaccharides (sucres doubles), présent dans le lait (photo) et les produits laitiers. Le lactose joue un rôle important dans l’alimentation des jeunes mammifères. L’utilisation du lactose comme substance nutritive nécessite une enzyme produite dans l’organisme, la lactase, qui est formée en moindre quantité à l’âge adulte. Si le lactose n’est pas digéré (et donc pas assimilé) en raison d’un manque de lactase, on parle d’intolérance au lactose. 

L’acétate de linalyle est le principal composant de l’huile de lavande (photo). Mais il est également présent dans l’huile de jasmin et de bergamote. A part son parfum apprécié, l’huile de lavande a un effet tranquillisant, anxiolytique et fébrifuge. En usage externe sur des plaies, elle a une action antiseptique. 

Le (–)-menthol est présent dans de nombreuses huiles essentielles, notamment des huiles de menthe, par exemple de la menthe poivrée (photo). Il doit à sa saveur caractéristique de menthe poivrée des utilisations comme substance odoriférante et aromatisante. Mais le (–)-menthol est utilisé aussi en médecine, par exemple pour calmer la douleur, et dans l’apiculture contre les acariens. Il est en outre un léger anesthésique local. Sa production mondiale se situe aux environs de 6300 tonnes par an. Le menthol est toujours encore obtenu principalement à partir de plantes de menthe, par exemple de menthe des champs ou de menthe poivrée. 

Le (–)-cis-oxyde de rose est, à côté d’autres composés, la principale source de l’odeur caractéristique de l’huile de rose (photo). Il est présent non seulement dans les roses et les géraniums, mais aussi dans quelques variétés de raisin et dans des fleurs de tilleul, dont il détermine substantiellement l’odeur et le goût. En raison de sa note dominante de géranium, l’oxyde de rose est utilisé dans l’industrie des parfums – par exemple dans des savons et produits cosmétiques. L’oxyde de rose peut être synthétisé à grande échelle.

Le thymol est un composant des huiles essentielles de thym (photo), d’origan et de sarriette. Il a un effet désinfectant, fongicide et bactéricide et est utilisé pour la désinfection de la peau ou localement contre les mycoses cutanées. Du fait de son goût agréable, il entre aussi dans la composition d’eaux buccales et de pâtes dentifrices. En raison de ses propriétés bactéricides et fongicides, le thymol était utilisé dans l’Egypte ancienne pour la conservation des momies, sous la forme de préparations de thym. Le thymol trouve aussi une application dans l’apiculture, comme substance active contre les acariens (varroa).

La coumarine est à l’origine, entre autres, de l’odeur caractéristique, agréablement épicée, du foin frais (photo). Elle est présente aussi p.ex. dans des légumineuses, l’aspérule odorante (ou reine des bois), les griottes, les dattes, la cannelle de Chine et la fève de tonka. Dans les plantes, la coumarine est en partie glucosidique, c’est-à-dire liée à une unité de sucre, de sorte qu’elle n’est libérée par séparation du sucre qu’au moment où la plante a une blessure ou se fane. Consommée en grandes quantités, elle est dangereuse pour la santé, aussi son utilisation comme substance aromatisante ou odoriférante est-elle limitée ou interdite par la loi dans la plupart des pays.

La vanilline (4-hydroxy-3-méthoxybenzaldéhyde) est la principale substance aromatique des gousses de vanille (Vanilla Planifolia, photo). Ces gousses, qui ont jusqu’à 30 cm de longueur, sont récoltées peu avant leur maturité. Les fruits n’acquièrent leur arome caractéristique et leur saveur qu’au terme d’un processus (brunissement) au cours duquel les gousses sont d’abord traitées à l’eau bouillante ou à la vapeur, puis subissent une fermentation dans des récipients étanches à l’air. Etant donné la rareté et le coût de l’extrait naturel de vanille, il existe depuis longtemps des procédés de fabrication synthétique de la vanilline. Du point de vue quantitatif, la vanilline est la substance aromatisante la plus importante dans le monde. Elle est utilisée dans des boissons, des crèmes glacées, des produits de boulangerie et le chocolat, de même que dans l’industrie pharmaceutique et des parfums. L’odeur caractéristique du vieux papier est due entre autres aussi à la vanilline contenue dans les fibres de bois.

 

L’acide ascorbique (vitamine C) est un solide incolore, inodore, cristallin, facilement soluble dans l‘eau, et de goût acide. La fonction  la plus importante de l’acide ascorbique dans l’organisme humain tient au fait que cette molécule est capable de capter des radicaux libres et a un effet antioxydant (elle agit donc comme réducteur). Chez l’être humain, un manque de vitamine C peut se manifester par le scorbut (maladie des marins).
Dans la nourriture, la vitamine C se trouve avant tout dans les fruits et les légumes ; cependant, sa teneur diminue avec la cuisson, le séchage ou la macération des aliments, de même que lors de leur stockage. Les oranges, citrons, pamplemousses et autres agrumes sont particulièrement riches en vitamine C – s’ils sont à l’état mature et consommés immédiatement après la récolte. Le chou, rouge ou blanc, et la choucroute sont également des sources de vitamine C. C’est ainsi que la choucroute a eu longtemps une grande importance dans les voyages en mer, car pour prévenir le scorbut, il fallait disposer d’un produit alimentaire riche en vitamine C qui se conserve bien. Depuis 1934, la vitamine C peut être produite artificiellement (synthèse de Reichstein) et est souvent utilisée sous la forme de comprimés effervescents (photo) comme complément alimentaire.

La théobromine est présente dans quelques plantes, telles que les cacaoyers, les arbres à cola et les théiers, et est très semblable à la caféine quant à sa structure chimique. Il s’agit également d’un alcaloïde du groupe des méthylxanthines. Le chocolat noir (photo) contient 3 à 10 et le chocolat au lait environ 0,6 à 4 grammes de théobromine par kilogramme. La théobromine a un effet diurétique, vasodilatateur et cardiostimulant et relaxe les muscles lisses. Elle agit – à la différence de la caféine – de façon douce et durablement stimulante et est aussi un rehausseur d’humeur.

 

L’aldéhyde cinnamique est naturellement présent dans l’huile d’écorce de cannelier (photo) (42-68%). Il est obtenu par distillation à la vapeur d’eau de l’écorce (en moins bonne qualité aussi des feuilles) du cannelier. L’aldéhyde cinnamique est utilisé en parfumerie comme substance odoriférante dans la composition de parfums orientaux.
A l’état pur, il a des propriétés sensibilisatrices et peut conduire à des réactions allergiques. Du fait de son potentiel allergisant élevé, il est utilisé en médecine, à côté d’autres substances, pour le test d’intolérance aux aromes.

L’acide abiétique (du latin abies = sapin) est un acide résinique et un composant de la résine d’arbre (photo). Cette substance est un acide résinique largement répandu, provenant de l’oléorésine de conifères, et le principal composant de la colophane naturelle. L’acide abiétique est utilisé pour la fabrication de laques, vernis, laminats, revêtements de surface etc. De façon générale, l’acide abiétique se rencontre dans tous les produits contenant de la colophane, donc partout où la colophane a été utilisée pour fixer et coller. L’acide abiétique est utilisé en outre comme additif lors de la fermentation lactique et butyrique (fabrication biotechnique des acides lactique et butyrique).

La colchicine ne se trouve pas seulement dans les graines du colchique (photo) (0,5%), mais aussi dans ses fleurs (jusqu’à 1,8%), son bulbe (env. 0,2%) et ses feuilles (0,03%). La colchicine est un inhibiteur de mitose, c’est-à-dire qu’elle inhibe la division cellulaire. Autrefois, elle était utilisée dans le traitement de la goutte, maladie métabolique. Aujourd’hui, elle n’est mise à contribution que lors de crises aiguës de goutte ou en cas d’intolérance aux médicaments qui l’ont remplacée. On a essayé aussi de tirer parti des propriétés antimitotiques de la colchicine pour le traitement du cancer. Mais celle-ci est trop toxique pour une application thérapeutique, c’est pourquoi il n’existe aucun médicament contenant de la colchicine autorisé pour cette indication.

 

L’acide citrique est l’un des acides les plus répandus dans le règne végétal et est présent comme métabolite dans tous les organismes vivants. Le jus de citron (photo) contient par exemple entre 5 et 7 % d’acide citrique. Mais celui-ci est présent aussi dans les pommes, poires, griottes, baies, conifères,  champignons, feuilles de tabac, dans le vin, et même dans le lait. L’acide citrique a été isolé pour la première fois en 1784 par Carl Wilhelm Scheele du jus de citron – d’où son nom. Toutefois, il semble que l’acide citrique ait été connu déjà des premiers alchimistes, quoique sous un autre nom. L’alchimiste arabe Jâbir ibn Hayyân (connu sous son nom latin : Geber) aurait découvert cet acide déjà au 9e siècle. Du fait de son acidité et de la formation d’un complexe de calcium, l’acide citrique dissout le calcaire. Il entre souvent dans la composition de produits de nettoyage.
L’acide citrique et ses sels sont en outre utilisés pour la conservation et comme acidifiant de denrées alimentaires, par exemple dans des boissons.

L‘eau (H2O) est une combinaison chimique des éléments oxygène (O) et hydrogène (H). L’eau (photo) est le seul composé chimique sur la Terre qui se présente dans la nature dans ses trois états d’agrégation. Le terme d’eau est utilisé surtout pour désigner l’état liquide. Pour l’état solide (gelé), on parle de glace, et pour l’état gazeux de vapeur d’eau.
Le corps humain est constitué de plus de 70% d’eau. Aussi un manque d’eau conduit-il chez l’être humain à de graves problèmes de santé (déshydratation, voire exsiccose). Un apport d’eau insuffisant peut provoquer des vertiges, des troubles circulatoires, des vomissements et des crampes musculaires, étant donné qu’une perte d’eau limite l’approvisionnement des cellules musculaires en oxygène et substances nutritives.
La consommation d’eau en quantités excessives (plus de vingt litres par jour) peut également causer de sérieux dommages à la santé. Elle peut donner lieu à une « intoxication par l’eau », plus précisément à un manque de sels.
Dans la nature, l’eau ne se présente pas à l’état pur, mais contient presque toujours des substances en solution (avant tout des ions de sels), éventuellement en concentration à peine mesurable.

 

Le saccharose est le sucre de ménage (ou sucre cristallisé) communément utilisé comme sucre (photo). Il est produit par de nombreuses plantes au moyen de la photosynthèse. Le sucre de ménage est obtenu avant tout à partir de la betterave à sucre, de la canne à sucre et du palmier à sucre.
Comme d’autres sortes de sucre, le saccharose est un hydrate de carbone. Chauffé à 185°C, il fond et se décompose en un magma brunissant (caramel). La combustion du saccharose produit du charbon de sucre et dégage un gaz malodorant.
Jusqu’à la révolution industrielle, au 19e siècle, de larges couches de la population d’Europe centrale n’avaient guère accès au sucre. Le saccharose n’était fourni au corps qu’en très faibles quantités, par la consommation de légumes et de fruits, ainsi que de miel. Ce n’est que depuis la culture de la betterave à sucre vers 1800 et le début du raffinage industriel du sucre que l’organisme a été confronté à de plus grandes quantités de sucre cristallisé.

 

La silice est un terme générique désignant les formes allotropiques des oxydes de silicium de formule brute SiO2 (dioxyde de silicium).
Il n’est pas tout à fait correct d’identifier la silice avec le sable (photo), toutefois la majeure partie des gisements de sable sont constitués de silice (quartz).
Le SiO2 se présente sous différentes formes cristallines qui se distinguent les unes des autres par leurs structures. Ce sont entre autres la moganite (calcédoine), le quartz a (bas quartz), le quartz b (haut quartz), la tridymite, la cristobalite, la coésite et la stishovite. Les formes cristallines n’ont qu’une très faible tolérance à l’égard des impuretés.
Le SiO2 non cristallin (amorphe) existe dans la nature par exemple dans du verre volcanique, dans les opales, ainsi que dans les tectites, des fragments de roches vitreuses résultant de la fusion de matériaux pierreux lors de l’impact de météorites ou de la foudre.
En tant que partie de silicates tels que les feldspaths et les argiles, ou sous forme libre en tant que quartz, la silice est le principal constituant de la croûte terrestre et donc aussi le composé du silicium le plus répandu.
La silice est insoluble dans l’eau. Les acides ne parviennent presque pas à dissoudre le SiO2, à l’exception toutefois de l’acide fluorhydrique (HF), qui attaque la silice avec formation de tétrafluorure de silicium (SiF4), à l’état gazeux.

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